Nous et les autres, au Musée de l’homme, le racisme au prisme de l’histoire, des sciences sociales et de la génétique

Quand la biologie, l’histoire et les sciences sociales collaborent, cela  donne Nous et les Autres, une exposition pluridisciplinaire qui articule les recherches en histoire, en génétique des populations et en sciences sociales pour définir et déconstruire le(s) racisme(s), afin de lutter contre les préjugés et les discriminations qui existent au sein de nos sociétés . Visite.

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Nait-on raciste ou le devient-on? Peut-on être raciste si on ne croit pas en l’existence des races? Comment se construisent les catégorisations raciales?  Qui sont les personnes les plus souvent discriminées dans notre société? Peut-on mesurer objectivement les discriminations ? Toutes ces questions et bien d’autres sont abordées le long du parcours proposé dans cette exposition.

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Le racisme ne se limite pas à la croyance en l’existence de races humaines. Il suppose une catégorisation hiérarchisée , c’est dire l’affirmation  qu’il y a des groupes d’hommes supérieurs et d’autres inférieurs selon des traits considérés comme naturels, essentiels et héréditaires.  Cette supériorité ou infériorité proclamées le sont à partir de critères qui varient selon les sociétés et les époques.

Les classifications racistes les plus courantes  se fondent sur des traits physiques apparents (phénotypes) comme la couleur de la peau ou autres détails morphologiques. Mais elles ne se limitent pas à cela et peuvent se réclamer de critères moraux, culturels, religieux ou sexuels, qui peuvent être combinés entre eux.

 » Les femmes sont émotives »; « les noirs ont le rythme dans la peau »; les « musulmans sont communautaristes », « les juifs sont riches », « les blondes sont  .. »….

Attribuer des qualités ou des défauts à des personnes en fonction de leur appartenance supposée ou réelle à un genre, une culture, une religion, c’est participer à la fabrication et à la transmission de préjugés racistes. C’est ce qu’on appelle l’essentialisation.

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Si le concept de race a été abandonné par la biologie grâce à la génétique des populations qui démontre la très grande homogénéité de l’espèce humaine, le racisme n’a pas disparu pour autant.  On le retrouve à l’oeuvre dans toute entreprise d’essentialisation des particularités sexuelles ou culturelles, réelles ou supposées, que l’on attribue à des personnes ou à des groupes sociaux. Ainsi on peut dire que le sexisme, l’homophobie ou l’antisémitisme sont des formes de racismes.

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Mais le racisme ne se limite pas à l’expression de préjugés.  Il structure les imaginaires et influe sur les comportements sociaux, les représentations collectives qu’on se fait de soi et des autres. Les idées racistes peuvent servir de fondement à des systèmes politiques inégalitaires et ségrégationnistes (colonisation, ségrégation, apartheid…), voire même à des politiques qui visent l’extermination d’un groupe en raison de son appartenance réelle ou supposée à un sexe, à une culture, une religion… (les entreprises de génocide des juifs, des tsiganes; les génocides rwandais, arménien, cambodgien…)

Nationalisme et colonisation, mamelles du racisme d’Etat? Les représentations racistes ne sont pas innées. Elles sont construites dans des contextes historiques et sociaux et traduisent toujours des enjeux économiques et politiques.  Par exemple, le système esclavagiste mis en place à partir du 16ème siècle par les européens puis le colonialisme au 19ème siècle, s’appuient sur des représentations raciales et inégalitaires des peuples asservis ou colonisés pour justifier leurs entreprises de domination politique, économique et culturelle.

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Qu’en est-il aujourd’hui dans notre société démocratique et républicaine qui promeut l’égalité sans distinction de tous les citoyens et condamne les actes et les propos racistes ?

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Alors que le racisme est un délit, comment expliquer que des groupes minoritaires de personnes perçues comme « Noirs », « Roms », « Jeunes des quartiers » , »musulmans » soient stigmatisés et que des traitements inégalitaires persistent à l’école, à l’embauche, dans la recherche de logement ou à l’entrée des boites de nuit?

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Quels sont les obstacles objectifs à l’intégration de tous les citoyens à notre société républicaine?

Le « communautarisme » (repli supposé des personnes issues de l’immigration sur leur culture d’origine) est-il une réalité objective qui peut expliquer la résurgence du racisme?

Ce sont ces phénomènes qu’étudient les sciences sociales pour tenter de mesurer les dynamiques d’intégration des populations et mettre en évidence de façon objective, les discriminations, par des enquêtes et des mesures statistiques.

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L’enquête Trajectoires et Origines  (TeO), sur la diversité des populations en France, a été réalisée par l’INED auprès de 22000 personnes. Elle sert de support à la dernière partie de l’exposition. Elle étudie les  parcours des personnes liées à l’immigration qu’elle compare à ceux de la population « majoritaire », dans tous les domaines de la vie sociale (école, santé, habitat, emploi, mobilité sociale, religiosité,etc.).  C’est un portrait très précis de notre société multiculturelle qui est dessiné,  et qui met un terme à un certain nombre d’idées reçues qui circulent sur les difficultés des immigrés et de leurs descendants à « s’intégrer ».

 

 

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